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Le marché de Québec performe sur fond d’inquiétude

Publié le par dans Actualités immobilières, Revue de presse

REVENTE. Malgré des données en hausse depuis le début de 2016, le marché immobilier résidentiel de Québec évolue dans un horizon où les nuages préoccupants s’accumulent. Délais de vente prolongés, prix en baisse pour certains types de propriété et inventaires qui s’accumulent sont autant d’éléments qui font craindre des impacts potentiellement négatifs à moyen terme.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) mettra à jour son évaluation de l’état du marché immobilier à la fin du mois d’avril. Déjà, elle note pour la région de Québec certains signes annonciateurs d’un contexte de surévaluation allant de modérés à élevés.

«Nos modèles de calcul traduisent un ralentissement de la croissance démographique. La situation, combinée à une baisse des revenus disponibles, se trouve amplifiée par la présence d’un indicateur de construction excessive. Un signal est lancé au marché de l’habitation tout entier, afin de ne pas accentuer les problèmes», observe Élisabeth Koulouris, analyste de marché principale pour la SCHL à Québec.

À son avis, il ne faudrait pas se surprendre de voir poindre un léger mouvement à la baisse du côté des prix de revente en 2016, surtout pour la
copropriété. «Dans un contexte où les inventaires élevés perdurent, même si les transactions sont paradoxalement en augmentation, il faut s’y attendre parce que le phénomène se prolonge depuis longtemps», indique Mme Koulouris, confirmant que le marché du condo s’avère nettement à la faveur des acheteurs.

C’est aussi le cas du côté des maisons unifamiliales, quoique de façon plus modérée. Il y a même certains secteurs comme le centre-ville de Québec, Charlesbourg et Les Rivières, où la faveur demeure légèrement favorable aux vendeurs. Plus que jamais, les propriétés se vendent mieux dans les quartiers centraux, alors que les vendeurs en périphérie doivent faire davantage de compromis pour rendre leur inscription attrayante.

«Les propriétaires qui veulent vendre leur demeure doivent réduire leur prix pour contrebalancer les effets du surplus de propriétés sur le marché. Il s’agit d’un phénomène émergent qui ne s’était pas manifesté au cours des années précédentes», rapportait Michèle Fournier, vice-présidente Royal LePage Inter-Québec, lors de la publication par la firme de courtage de l’Étude sur le prix des maisons pour le premier trimestre 2016.

Transactions en hausse

Aspect positif, qui sauve probablement la mise dans un marché immobilier surabondant, les transactions étaient en croissance de 8% au dernier décompte en 2016. Pour les maisons unifamiliales (incluant les maisons jumelées et en rangées), la hausse est de 12%. Toutefois, du côté des condos, le nombre de reventes connaît un recul de 4%. Les prix demeurent stables pour la maison médiane (244 000$), alors qu’ils sont en repli de -7% pour la copropriété (186 230$).

Néanmoins, la progression plus importante des inscriptions de propriétés à vendre fait en sorte que les stocks s’accentuent, conséquence d’une hausse insuffisante des reventes. «Ainsi, révèle Mme Koulouris, le délai de vente a grimpé à 131 jours en hausse de 8 pour la maison unifamiliale. Toutefois, ils explosent de 22 et s’allongent à 194 jours pour la copropriété.»

Un élément révélateur de l’engorgement sur le marché immobilier est le ratio inscriptions vs reventes. L’analyste de la SCHL à Québec signale que ce ratio atteint 11 pour la maison et 19,6 pour le condo. Or, le point d’équilibre se situe entre 8 et 10. Cette situation de suroffre devrait se résorber graduellement, avec le ralentissement de mises en chantier d’unités neuves prévu au cours des prochaines années.

En chiffres

  • Maisons : revente +12%; prix médian 244 000$; ratio vendeurs par acheteur 11.
  • Condos : revente -4%; prix médian 186 230$; ratio vendeurs par acheteur 19,6.

François Cattapan Publié le 07 avril 2016